A l’heure où les bureaux partagés se multiplient et séduisent de plus en plus de monde, il peut être intéressant de jeter un regard sur le passé d’un mode de travail qui représente l’avenir de l’immobilier d’entreprise. Il arrive souvent que les faits novateurs de l’époque contemporaine se retrouvent dans l’histoire sous une forme primitive plus ou moins semblable. C’est le cas des espaces de coworking.

Les ateliers d’artistes du XVème siècle

Bien que le coworking soit une invention vieille de 30 ans tout au plus, c’est durant la Renaissance, en Italie et aux Pays-Bas, que l’on trouve l’ancêtre du coworking, préfiguré par les ateliers de création artistique. Les peintres, les sculpteurs, les orfèvres et d’autres artistes se réunissaient dans des espaces communs. De nombreuses recherches au sujet des ateliers artistiques de la fin du Moyen Age justifient cette analogie.

Dans ces lieux de productions diverses, les inspirations individuelles s’exaltaient les unes par les autres. Des projets combinant plusieurs disciplines d’art se formaient. Les intelligences et les techniques singulières se complétaient, et se rehaussaient les unes grâce aux autres.

Il y a là quelques traits communs avec le mode de travail collectif proposé par le coworking. Et de même que ces ateliers s’opposent au préjugé de l’artiste isolé dont la veine créatrice ne s’épanouit en l’absence des autres, de même l’idée principale du coworking est que l’échange des
connaissances et la coopération sont les alliés sûrs de l’efficacité.

La naissance et l’évolution du coworking proprement dit

Le mot « coworking » naît sous la plume d’un concepteur de jeu vidéo américain, Bernie de Koven, en 1999, tandis qu’il tâchait d’expliquer le progrès du travail collaboratif. Il désignait par ce mot le travail en commun qui favorise le rendement. Le sens du mot coworking s’est étendu par la suite. Mais avant son apparition, il existait déjà un lieu de rassemblement de co-travailleurs, à Berlin. En effet, on admet communément que l’association allemande C-Base, créée en 1995, est le premier espace de coworking. Cette organisation a pour but de développer des sciences informatiques et les techniques d’utilisation de logiciels et de matériels. C-Base est un hackerspace, c’est-à-dire un lieu où des travailleurs unis par l’intérêt et les valeurs peuvent se réunir et coopérer. L’Allemagne restera longtemps le pays qui compte le plus d’espaces de coworking eu Europe.
Plus tard, en 2002, un centre communautaire pour les entreprises voit le jour en Autriche.

Les premiers lieux de bureaux partagés sont donc nés en Europe. Cependant, grâce à l’informaticien américain Brad Neuberg, le coworking reçoit une impulsion vigoureuse et ne cesse de proliférer aux Etats-Unis et en Europe. Brad Neuberg inaugure en 2005, à San Francisco, des espaces de
co-travail revendiqués comme tels, et destinés à satisfaire à des besoins précis de travail en communauté.
Entre 2011 et 2012, les espaces de coworking fleurissent partout en Europe, et dans les années qui suivent, c’est un développement à l’échelle mondiale. Si bien que d’après une étude intitulée Global Coworking Survey, il y aurait eu, en 2017, approximativement 11 300 espaces de co-travail dans le monde. Signe que cette nouvelle organisation du travail convient sous beaucoup de rapports à tous les protagonistes.
C’est en 2012 que le Maroc voit éclore le premier espace de coworking.

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